Les chantoirs à Xhoris

 

 

Il y a 3 chantoirs à Xhoris. Celui du centre du village reçoit encore les eaux d'un petit ruisseau qui disparaît sous terre, pour réparaître 3 km plus loin, avant de se jeter dans l'Ourthe, fortement grossi. Il n'a jamais été exploré et est presque fermé. Le second, plus à l'Est, est comblé, il ne reste plus qu'un vaste entonnoir. Le troisième, au lieu dit Jehoche, derrière la maison Burton est plus important. Un ruisseau, après un parcours d'un km, dans un ravin très encaissé, tombe en cascade bruyante, dans une excavation importante. La connaissance de cette merveille de la nature, ne remonte pas à 100 ans. La découverte de ce chantoir mérite d'être contée. L. Orban (Xhoris po v'rinde chervice n°99 de 1981)

A l'automne 1880, Xhoris fut le théâtre d'un double meurtre...

La Meuse du 3 octobre 1880.

Le double meurtre accompagné d`incendie, dont notre commune vient d’être le théâtre et dont vous aviez rendu compte, vient de donner lieu à la découverte d'une curiosité d'histoire naturelle, dans une caverne connue : sous le nom de "Chantoir", suivant l'expression du pays.
A la suite du tragique événement dont nous venons de parler, l'autorité judiciaire,assistée du concours actif du commandant de la gendarmerie de Hamoir,.Mr Lacrois, procéda aux recherches ïndiquées par les circonstances. Mr Lacrois présumait que l'assassin avait pu jeter ses vêtements teintés du sang de la victime (supposition assez vraisemblable),dans un chantoir situé à proximité de la maison du crime, et où nul jusqu'à ce jour, n'était descendu, à cause de sa profondeur inconnue.
Le commandant résolut de faire explorer le chantoir. Ce n'était pas chose facile. Pourtant, il se trouva un homme assez courageux pour tenter cette périlleuse aventure : le sieur Rondeux, cantonnier à Comblaim-Fairon, se présenta. Il se munit de quatre bonnes lampes. On, lui lassa autour du corps une grande corde, retenue par Mr Mouchette, cantonnier à Xhoris.Vincent, garde particulier et Mr Havelange,conseiller communal, s`étaient placés au bord du chantoir.

Rondeux descendit jusqu'à une profondeur d'environ 40 mètres. Là, il se trouva sur un plateau, plate-forme assez vaste pour y construire une église. Son oeil plongea dans toutes les sinuosités du roc et n`y découvrit rien de ce qui faisait l'objet de ses recherches. Mais en revanche? un spectacle éblouissant s'offrit à ses regards. Aux parois du rocher, brillaient des milliers de stalactites et de stalagmites affectant les formes les plus bizarres, plus loin, des têtes d'animaux fantastiques, au regard effrayant. Rondeux fut surtout frappé par la vue d'un portail à courbe allongé comme un arc-en-ciel. C'était l'ouverture d'un gouffre affreux. Pas moyen d'y descendre, qu'au moyen d'autres cordes. A droite et à gauche, il découvrit des grottes et des galeries horizontales. Il projeta la lumière de ses lampes sur les cristallisations du "plateau et des grottes latérales. C`était un spectacle étrange et merveilleux, qui défiait toute description.Il était là d'une demi-heure environ, lorsque le commandant inquiet appela Rondeux. Aucune réponse. On secoua les cordes, Rondeux s'en aperçut et se décida à remonter, bien à regret. Il aurait voulu visiter les galeries horizontales.
Les trois hommes qui avaient` aidé' à la descente furent charmés de le revoir sain et sauf : on avait craint qu'il ne fût asphyxié. Rondeux raconta les merveilles qu'il avait vues et qui vont singulièrement piquer la curiosité dans toute la Province.

(Compte rendu du journal"La Meuse", paru en 1880).

 

Il fallut attendre les années 1910 pour voir deux mineurs de Liège descendre dans le chantoir mais ils se contentèrent de visiter les endroits facilement accessibles. Le chantoir a ensuite intéressé nombre de chercheurs, de médecins, d'ingénieurs et de professeurs d'Universités; parmi eux, citons un ingénieur : LECOMTE de Bruxelles, qui descendit le premier jusqu'au fond. Il y a quelques années, des spéléologues de Verviers travaillèrent à diverses reprises pour tenter de dégager l'entrée, mais ils durent renoncer devant l'importance du travail. Il faut savoir que chaque orage un peu violent entraîne dans le chantoir des branches, de la paille, des alluvions, qui aggravent la situation. En 1913, le trou se boucha et provoqua une inondation catastrophique, encore dans la mémoire des anciens.

Xhoris se trouve dans la région des grottes, entre celles de Remouchamps, de Comblain et de Han. On a découvert, il y a quelques décades, au lieu-dit Pierreux, l'existence de grottes. Celles-ci sont malheureusement petites et leur entrée est complètement bouchée. (Texte de L. Orban)

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Je me souviens que maman m'a raconté qu'en 1953, l'année de ma naissance, il y eu également un gros orage et l'eau dévalait la rue Jehoge et venait tout droit sur notre maison "Au Tilleul"

Francine Lamer